Un chercheur de l’Observatoire royal obtient une subvention de la prestigieuse « Starting Grant » de l’ERC
Le Conseil européen de la recherche (ERC) a annoncé aujourd’hui les lauréats de son dernier appel à projets « Starting Grants » (subvention de départ). Kaustubh Hakim, chercheur à l’Observatoire royal de Belgique et à la KU Leuven, s’est vu attribuer une bourse pour le projet ExoGeochem, dont l’Observatoire est l’institut hôte.
Les subventions « Starting Grant » de l’ERC sont attribuées à des chercheurs en début de carrière dans toute l’Europe. Elles les aident à développer des idées ambitieuses, à constituer leurs propres équipes et à affirmer leur indépendance à un stade crucial de leur carrière.

Kaustubh Hakim avec des modèles imprimés en 3D de cellules à enclumes de diamant (FabLab Leuven). Photo : Rob Stevens (KU Leuven).
Kaustubh Hakim fait partie des 421 lauréats de la subvention « Starting Grant » de l’ERC. Ce scientifique occupe un poste conjoint à l’Observatoire royal de Belgique et à l’Institut d’astronomie de la KU Leuven dans le cadre du programme BELSPO FED-tWIN. Il est le premier chercheur actif du programme FED-tWIN à se voir attribuer une subvention de l’ERC.
Après une formation initiale d’ingénieur en électronique et une expérience professionnelle dans le secteur bancaire, il s’est orienté vers l’astronomie. Il a obtenu un master en Belgique, un doctorat aux Pays-Bas et a occupé un poste de postdoctorant de longue durée en Suisse avant de revenir en Belgique. Ses recherches associent la géochimie et les sciences planétaires afin de déterminer la composition des exoplanètes.
Une subvention pour l’étude des exoplanètes par la modélisation, des expériences à haute pression et des observations
Le projet ExoGeochem (Signatures géochimiques atmosphériques des exoplanètes de type « sous-Neptune ») est porté par l’Observatoire royal de Belgique, avec la KU Leuven comme partenaire bénéficiaire. Il vise à déterminer de quoi sont composées les exoplanètes de type « sous-Neptune » et comment leur intérieur façonne les atmosphères que nous observons.
Environ la moitié des exoplanètes découvertes à ce jour appartiennent à cette catégorie : des mondes dont la taille se situe entre le double de celle de la Terre et celle de Neptune. Notre propre Système solaire ne contient rien de comparable, ce qui prive les astronomes d’un point de référence pour comprendre ce qui se cache sous leurs épaisses atmosphères.

La Terre et une exoplanète de type « sous-Neptune » typique, représentées à l’échelle. Alors que l’intérieur de la Terre est bien connu, celui des exoplanètes de type « sous-Neptune » reste mal compris. ExoGeochem s’attachera à déterminer ce qui se cache sous l’atmosphère de ces exoplanètes. Crédit : Kaustubh Hakim.
ExoGeochem fournira les données thermochimiques qui font défaut : comment l’hydrogène, la roche et le fer se comportent lorsqu’ils se rencontrent aux pressions et températures observées dans les profondeurs de ces planètes. Des expériences en laboratoire, des simulations de mécanique quantique et des modèles de chimie atmosphérique seront regroupés au sein d’un cadre unique, afin que les spectres enregistrés par le télescope spatial James Webb, puis par Ariel et l’Extremely Large Telescope, puissent être interprétés en fonction de la composition réelle de la planète.
La bourse « Starting Grant » s’élèvera à environ 1,5 million d’euros sur une période maximale de cinq ans. En tant que chercheur principal, Kaustubh Hakim sera chargé de constituer et de superviser l’équipe, et assumera la responsabilité scientifique de la mise en œuvre du projet. Une partie du budget servira à équiper un laboratoire de cellules à enclume de diamant, dans lesquelles des échantillons de taille inférieure au millimètre sont comprimés et chauffés afin de reproduire les conditions régnant dans les profondeurs d’une planète. Sa propre contribution scientifique porte sur les interactions entre l’intérieur et l’atmosphère des exoplanètes rocheuses et de type « sous-Neptune », ce qui constitue le fil conducteur reliant les volets théorique, expérimental et observationnel du projet.
« L’intérieur des planètes est étudié à l’Observatoire royal depuis des décennies, mais principalement à l’aide de modèles », explique M. Hakim. « Cette subvention permet de recréer ces conditions en laboratoire, de mesurer ce qui se passe réellement, puis de recouper ces données avec celles obtenues par le télescope. C’est ce lien entre l’expérimentation et l’observation qui faisait défaut pour les exoplanètes de type « sous-Neptune ». »
Communication de l’ERC : https://erc.europa.eu/news-events/news/erc-2026-starting-grants-results