Deuxième workshop sur les Services Temps et Fréquence belges (BFTS)

Deuxième workshop sur les Services Temps et Fréquence belges (BFTS)


Le mardi 10 mars 2026, le deuxième workshop consacré aux services temps et fréquences belges (en anglais Belgian Time and Frequency Services ou BTFS) s’est tenu à l’Observatoire royal de Belgique (ORB). Il a réuni une trentaine de participants intéressés afin de discuter des dernières évolutions et applications. Grâce à l’utilisation d’un réseau optique pour la distribution des signaux de temps et de fréquence, cette technologie est insensible aux menaces GNSS telles que le brouillage (jamming) et l’usurpation (spoofing), ce qui améliore significativement la fiabilité des signaux. La participation importante de ce workshop confirme un intérêt croissant pour les BFTS.

Extension du réseau belge

Le workshop a été ouvert par Koen Lefever de Belspo, sponsor du projet BOOSTED qui vise à développer un réseau optique de transfert de temps et fréquence. Raphaël Marion (ORB) a ensuite présenté un état des lieux du réseau belge de temps et de fréquence. Il a expliqué la mise en service du premier tronçon en décembre 2025 et a exposé les ambitieux plans d’extension pour 2026. De nouvelles connexions sont prévues, notamment vers le service de métrologie du SPF Économie ainsi que vers les universités de Mons et de Louvain-la-Neuve. Une connexion au réseau paneuropéen core time & frequency network (C-TFN) de GÉANT figure également sur la roadmap.

Des personnes dans une salle de réunion regardant deux écrans pendant qu'un intervenant explique le contenu

Besoin d’un réseau robuste

Bien que les BTFS aient été initialement développés pour la recherche scientifique, l’intérêt d’autres secteurs croît rapidement. Les secteurs des télécommunications, de l’énergie et des transports manifestent notamment un intérêt pour un signal temporel indépendant et extrêmement précis afin de renforcer la sécurité et la fiabilité de leurs infrastructures critiques. Cette évolution s’inscrit pleinement dans la vision du Joint Research Centre (JRC) de la Commission européenne. Lors de sa présentation, Lukasz Bonenberg a souligné l’importance de développer des réseaux terrestres de synchronisation temporelle robustes et indépendants du GNSS. Selon le JRC, de tels réseaux sont essentiels pour construire un système européen résilient de positionnement, navigation et synchronisation temporelle (PNT).

Les Pays-Bas et la Suisse

Des expériences internationales ont également été présentées. L’organisation néerlandaise SURF a annoncé avec fierté la mise en service de son réseau national de temps et de fréquence pour la recherche et l’enseignement. Depuis janvier 2026, un signal temporel White Rabbit, provenant de l’Institut national de métrologie VSL à Delft, distribue l’heure légale UTC(VSL) vers onze sites via le réseau de fibre optique de SURF.

Par ailleurs, METAS, l’institut national de métrologie suisse, a présenté plusieurs applications concrètes de son réseau. En Suisse, un réseau de 450 kilomètres est désormais opérationnel pour la distribution de signaux temporels White Rabbit, principalement utilisés par le secteur financier, la défense et les télécommunications. Un signal de fréquence optique est également diffusé pour des applications scientifiques avancées, telles que la spectroscopie de précision et le « fiber sensing ».

Technologie et innovation

La seconde partie du workshop était consacrée aux aspects techniques. Lisa Van Loo (Belnet) et Guillaume Le Portz (ORB) ont présenté l’architecture du réseau BTFS ainsi que les excellents résultats de monitoring des premières connexions.

Net Insight a ensuite présenté sa technologie Zyntai, une solution innovante fonctionnant comme une couche superposée sur des réseaux IP existants. En effectuant une pondération statistique de plusieurs sources temporelles, cette technologie, compatible avec le réseau BTFS, permet de distribuer un signal temporel précis sur de longues distances, avec des performances situées entre le PTP et le WR.

Enfin, Pr Kasper Van Gasse du Photonics Research Group (UGent et imec) a présenté des recherches en cours sur la photonique intégrée. Ces travaux visent à développer des lasers plus compacts, plus robustes et plus faciles à produire, avec des applications en métrologie et en technologies quantiques.

Le workshop s’est clôturé par un moment convivial autour d’un verre, offrant aux participants l’occasion d’échanger leurs expériences et d’explorer de nouvelles collaborations. Cette deuxième édition a clairement confirmé l’importance croissante d’une distribution fiable du temps ainsi que l’intérêt marqué tant du monde scientifique que de l’industrie.